Après avoir mené un forcing parlementaire pour amender et affaiblir les dispositions initiales de la loi "Hôpitaux, patients, santé et territoires", les viticulteurs repartent en campagne contre l'Inca (Institut national du cancer), qui a publié une brochure "Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations" défavorable à la consommation même modérée de l'alcool (et donc du vin). Face à cette menace, les viticulteurs fulminent: "préjudice grave à l'Economie du vin, à la Culture française", "SOS prohibition", "contre vérités scientifiques", les mots ne manquent pas pour qualifier la campagne de prévention de l'Inca et justifier un recours administratif devant le ministère de la Santé pour obtenir la rectification des informations "erronées" concernant le vin dans la brochure et pour réclamer que la brochure ne soit pas expédiée aux médecins.
Le blog de l'association "Pour l'honneur du vin", dont les auteurs sont les viticulteurs du Languedoc Roussillon à l'origine du recours administratif, va même plus loin sur la question "vin et santé": « Contre le cancer, le vin, c'est utile », affirme le professeur Lucien Israël, Dr Jean-Louis Thillier : "Le vin rouge, un aliment d'exception !", Santé : Le vin réduirait les risques de cancer de l’estomac, Santé : Le vin rouge réduirait les risques de cancer du poumon, Le vin rouge, arme préventive contre le cancer de la prostate, Moins de cancer chez les consommatrices de vin ?, Moins de cancer chez les consommatrices de vin ?... Bref un festival d'allégations au bénéfice du vin.
Que dit pourtant la littérature scientifique ? Pour avoir les idées claires sur le sujet, on peut se reporter à l'expertise collective de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) sur l'alcool: la consommation d’alcool est associée de manière certaine à l’augmentation des cancers des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, larynx, oesophage). Un accroissement modéré du risque de cancer du sein avec la consommation de boissons alcooliques est généralement constaté dans les études. La relation entre consommation d’alcool et cancer colorectal est considérée comme probable. Et si une consommation modérée et régulière jusqu’à 10-20 g/j (correspondant à 1-2 verres) est globalement associée à un moindre risque de survenue de maladie cardiovasculaire (aucun type de boisson ne semblant supérieur aux autres), l'alcool favorise certaines affections cardio-vasculaires telles que l'hypertension et les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques.
Bref si on veut consommer de l'alcool pour en obtenir un bénéfice santé, c'est uniquement après un avis médical spécialisé !
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